Accueil » Malchance de tous les jours » intermittente du spectacle de la chance par Audrey

Quand je vous lis tous, je me retrouve : je suis celle qui commande systématiquement le plat « on n’en a plus » au resto, qui achète les chaussures « c’est dingue mais on n’a plus que le pied gauche dans cette pointure » ou encore, qui a la voiture « c’est fou mais cette panne là, j’avais encore jamais vu »…

Les photocopieurs s’emballent lorsque je les approche à moins de 20cm, les ordinateurs me boudent. Bref THE poissarde. Mais ces petits détails du quotidien ne sont rien en comparaison de la « vraie » vie : je ne m’étalerai pas sur les maladies exotiques que j’ai attrapées et qui « normalement n’existent plus », les histoires sentimentales plus farfelues les unes que les autres sans compter les ruptures tout aussi farfelues (malgré des débuts très prometteurs), les promotions bidon et les quiproquos en tout genre.

Nous ne sommes pas là pour en pleurer mais pour dédramatiser !

Mes amis et collègues le savent, on en rit très souvent. J’ai construit une vie où rien n’est laissé au hasard, le coup dur toujours prévu…bref trois fois plus de boulot et de préparation que les autres pour arriver à un résultat, pas catastrophique, mais souvent médiocre. Et si je m’abandonne à la nonchalance, je n’y coupe pas : la cata se produit.

Je n’ai pas un quotidien désagréable, il est parfois juste in-com-pré-hen-sible ! Du coup, depuis quelques années, devant mon acharnement à essayer d’améliorer mon sort et mon peu de réussite, j’ai commencé à crouler sous les conseils bienveillants de mon entourage : les « tu sais, la chance ça se mérite », « tu devrais cultiver la pensée positive », « si tu souris à la vie, elle te sourira aussi », sans compter la multitude de liens vers les sites de pensées positives et les affiches « carpe diem » collées sur mon mur facebook.

J’en suis sortie très affectée, certaine d’avoir toujours donné l’image d’une pauvre fille désespérée qui ennuyait tout le monde. Je me suis donc lancée dans la bagarre de plus belle, affrontant le quotidien avec le sourire et ce, quoiqu’il arrive, gardant pour moi mes mésaventures et tentant de profiter de chaque instant :

  • j’ai prévu un barbecue à l’annonce d’une météo radieuse. Un énorme orage provoque une inondation ? Qu’importe, nous raclerons tous ensemble ! Les occasions de faire des activités entre amis ne sont pas si nombreuses…
  • je souhaite partir en vacances en famille. A l’arrivée l’appartement est fermé car le proprio s’est trompé de semaine et se trouve lui-même à l’autre bout de la planète ? Qu’importe ! Saisissons l’occasion de faire une chasse à l’hébergement de fortune en famille…

courses-chevauxBref j’en passe et des meilleures…Cela fait plusieurs années maintenant que je ne me « laisse plus aller » à me plaindre…

Mais malgré toute cette bonne volonté, je suis restée frustrée car je ne ressentais pas de réelles améliorations et j’avais l’impression de jouer un rôle. Une sorte d’intermittente du spectacle de la chance. Ce n’est qu’hier que mon ciel s’est éclairé.

Après avoir passé les vendredi, samedi et dimanche matin à tenter de faire des sorties sous la pluie, comme cette fois 100% des français vivant au nord de Paris, mon ami m’a proposé de m’emmener voir les courses hippiques dans un hippodrome « où il y a des tribunes couvertes ». Pas très attirée par le jeu, où je n’ai pas plus de chance que dans les autres domaines, et paniquée à l’idée de voir un cheval de près, animal constituant ma principale phobie depuis l’enfance, je trainais énormément les pieds mais j’ai fini par accepter, attirée par l’idée d’être enfin abritée de la pluie.

Et là, le miracle : sur les 8 courses, j’ai systématiquement joué les disqualifiés ! Les chevaux qui galopaient au lieu de trotter…Ca m’a apporté un réconfort énorme ! D’une part à partir de la 3ème course, mon ami s’est abstenu de jouer les chevaux que je choisissais et a gagné une belle petite somme (dépensée pour offrir un bon petit resto à la gourmande que je suis). D’autre part j’ai pris cette aberration statistique comme une preuve indéniable que ma poisse existait belle et bien. Cela m’a énormément rassurée ! J’ai enfin trouvé une utilité à mon handicap… et je ne culpabilise plus. Ouf !!!

Par Audrey

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