Accueil » Foutraque » J'ai assisté à un braquage de banque

C’était une matinée qui aurait pu être agréable : le soleil s’était levé sur une nuit fraîche et claire, dissipant bien vite par sa douce chaleur une légère brume, qui cependant subsistait encore, par lambeaux cotonneux, sur le fleuve qui glisse aux pieds des tours du château. Malheureusement, ce jour était celui qu’avait choisit mon banquier pour me donner rendez-vous dans son bureau : il avait à m’entretenir de sujets sérieux, ce qui n’est jamais bon signe. La banque se trouvant sur l’autre rive, je traversai ce matin-là le fleuve embrumé, ce que je ne fais en général qu’à la nuit tombée, lorsque la ville s’enfonce lentement dans un profond sommeil où elle se repose du bruit et de l’agitation de la journée. C’est à ce moment-là que j’aime à aller flâner sur les quais déserts, dans un silence que trouble à peine le murmure de l’eau le long des coques des péniches amarrées là, ou le souffle lointain d’une voie rapide traversant le fleuve quelque part en aval. Les lumières se reflétant sur l’eau à peine troublée par le saut d’une carpe ou la nage d’un ragondin ressemblent alors aux flammes d’un feu de bois pin qui s’élèvent, crépitantes et odorantes, dans le silence d’une nuit d’été dans le Larzac. Au contraire, ce matin, tout semblait encore endormi, comme si le fleuve vivait selon des horaires différents de ceux du reste de la ville, s’endormant et se levant plus tard. Et pourtant c’était beau, d’une beauté plus paisible, moins sauvage. Je marchais donc, joyeux malgré le poids qui pesait sur mes paupières et sur le coin de mon cœur, là où ça fait un peu mal à l’approche d’un événement qu’on sait important.

La banque était encore fermée, bien qu’on put voir à l’intérieur des signes de vie ; le personnel faisant un dernier tour de vérification avant d’ouvrir la boutique, probablement. Je fis donc les cents pas sur le trottoir, le temps que la porte s’ouvre. J’imaginais ce que me dirait mon banquier : connaissant l’homme, il était peu probable qu’il m’ait fait venir si tôt dans le seul but de prendre des nouvelles de mon premier bouquin ou de disserter sur la dramatique raréfaction de l’esprit critique chez les jeunes de moins de 40 ans. Il devait plus vraisemblablement s’inquiéter – à juste titre – de l’état de mon compte, qui avoisinait depuis quelques temps déjà le chiffre du dernier record du monde de plongée en profondeur et en apnée. Et je savais déjà très bien ce que j’allais lui répondre : « Monsieur, sachez qu’en tolérant mon découvert pharamineux, vous devenez de fait le mécène d’un jeune artiste : moi. La postérité vous le rendra au centuple, et j’essaierai moi aussi de vous rembourser au centime près, dès que mon immense talent sera reconnu et rétribué à sa juste valeur » ; peut-être avec cette explication vaseuse gagnerais-je un mois de délai, le temps de gagner honnêtement quelques sous…

La porte s’ouvrit enfin, et j’entrai d’un air décidé dans ce temple de la spéculation, des espoirs déçus et des peurs de l’avenir. Mon banquier préféré était là, l’air déjà requin dans son costume trois-pièces, et m’invita, d’un geste qu’il voulait rassurant mais qui ressemblait un peu à celui du bourreau guidant le condamné à la guillotine, à le précéder en son bureau. Je n’eut pas le temps d’esquisser le début de l’ébauche d’un premier pas : un individu venait d’entrer bruyamment dans la pièce, un revolver dans une main et une grenade dans l’autre. La large cagoule noire qui masquait son visage ne pouvait dissimuler à l’assemblée médusée un détail marquant : ce personnage, aussi improbable que cela puisse paraître, n’était autre qu’un citron. Ce que confirma sans erreur possible la phrase qu’il hurla à l’adresse de l’assemblée médusée (pardonnez-moi, je radeaute…), de cet accent inimitable qu’ont tous les citrons : « Plus un zeste, ze suis pressé ! »

Non, vraiment, j’ai pas de chance…

Par Fikmonskov

3 Commentaires

  1. thomas dit :

    Putain mais comme t’es bidon !!!!!!!!!!!! et puis mets toi à la BD parce qu’avec ton pseudo style littéraire, tu risques de pas vendre grand chose !!

    Oh la la !! le niveau de ta blague !! j’en suis scotché tellement c’était nul !!! et dire que tu as pris la peine d’écrire ca sur une page. Tu dois vraiment rien avoir à faire de tes journées, ce qui expliquerai l’importance de ton découvert !

    Salut BHL et encore merci pour ta blague pathétique !

  2. rob dit :

    au moins il manie un peu mieux le phrasé que toi. Certes le niveau de la blague est faible, mais au moins cherche t’il à faire de ce rien quelque chose de mieux. Toi de ton crachat facile tu ne retires rien d’autre que l’absence d’esprit critique dont il est question plus haut.

  3. nerdyzorby dit :

    Une seule chose à dire : Merci Google pour tous ces Silences!

    Je dirais bien amen, mais certain(e)s risqueraient de mal le prendre…

    Et puis, « zut »… je vais me coucher et j’espère bien rêver en 3-D