Accueil » Malchance de tous les jours » Oh mon bateau !

C’était un beau dimanche… Une journée ensoleillée, douce et agréable du mois de mai. A midi j’étais allée à Paris pour la répétition de mon court-métrage. J’étais heureuse, j’avais enfin trouvé le couple correspondant à mes personnages. De plus des comédiens motivés, doués et beaux !

J’appelle mon chéri pour lui raconter, il était content pour moi. Tout va bien le soleil brille plus que jamais. Mon chéri me propose une ballade dans la forêt. Nous marchons longtemps en chantant à tue-tête les chansons du MP3. Les endorphines agissent, c’est une journée parfaite. J’invite mon chéri à boire un verre, pour une fois que j’ai de l’argent ! Nous nous asseyons dehors, histoire de savourer une bonne pinte de bière en fumant ! Petit plaisir désormais impossible à l’intérieur.

Mon chéri dit des conneries rigolotes, je fais des grimaces, nous éclatons de rire.

La bière finie, je paye, nous discutons pour savoir quel film nous allons regarder… Il faut dire que c’est cool, nous avons plein de DVD et K7 vidéos ! Le choix est toujours difficile.

Nous prenons le bus jusqu’à Port-Marly, nous descendons à l’arrêt du Courtepaille. Eh oui ! La péniche de mon chéri où nous habitons est à cheval entre Port-Marly et Louveciennes.

Nous nous foutons de la gueule de Tom Cruise et de son jeu débile.

Nous descendons les pseudo marches de la berge. Là un gros bruit « braoum ». Mon chéri panique. Je sens mon coeur battre très fort, mes jambes flagellent. Mon chéri fonce en courant sur le ponton, je le suis. Vision d’horreur. Les canapés, les meubles glissent. La péniche est en train de chavirer. Nous marchons en biais. J’essaie de garder mon sang froid, mais mon chéri n’y arrive pas. Il ne veut pas que j’appelle les pompiers. Je m’en tape ! Je les appelle quand même ! Je suis très énervée au téléphone, ils essaient de me calmer je leur dit de se dépêcher que c’est urgent ils pensent que c’est du bidon ou quoi ? Ce fou ! Il descend dans la cave. Comme à chaque fois, je l’engueule et je le suis. C’est l’inondation. L’eau nous arrive aux genoux. Il essaie pitoyablement de colmater les brèches avec un chiffon. Il m’engueule, je l’engueule, je l’aide avec des bouts de polystyrène que je trouve. Je prends un vieux seau et j’essaie d’écoper d’une main c’est horrible. L’eau monte, monte. Appelle les pompiers ! C’est maintenant qu’il demande ! Je lâche le seau et le bout de polystyrène. L’eau s’engouffre par les trous. La nuit est tombée, il fait sombre. A quel moment ? Je n’ai rien vu. L’eau nous arrive à mi-cuisses. Heureusement que j’ai mon téléphone dans la poche de ma veste. Je rappelle les pompiers, ça sonne, ça sonne ! Le pompier décroche je lui gueule dessus je donne l’adresse je leur dit de se grouiller, ils me disent qu’il faut qu’on sorte de là, que c’est dangereux, je reprends le seau je leur dit que s’ils se dépêchent on pourra vider l’eau. J’entends « faut qu’on se casse » mon chéri commence à gueuler « faut qu’on se casse ! ». L’eau nous arrive à la taille. Nous courrons, tous les objets de la cave nous tombent dessus. Nous glissons. C’est pire que dans un film et c’est comme si ce n’était pas possible. Vous avez déjà essayé de courir dans l’eau avec des vêtements ? C’est une sensation ignoble. Le corps pèse des tonnes. Nous réussissons à sortir de la cave. Elle se remplit à vitesse grand V. Nous courrons en essayant de ne pas tomber en essayant de se raccrocher. Nous réussissons. La péniche ne bouge plus. Heureusement il n’y pas trop de fond à cet endroit. Les pompiers arrivent à ce moment. Un camion ridicule avec 2 mecs qui ne se doutent pas du danger. Je parle comme une folle, mon chéri est anéanti. Ils descendent et lorsqu’ils constatent qu’elle est effectivement penchée, ils appellent du renfort. Je lui dit qu’il faut reprendre les ordinateurs dans la chambre où il n’y a pas d’eau. Je ne sais pas comment il a accepté et m’a ouvert la route. Le pauvre il a eu la frousse de sa vie ! Comme les autres qui étaient à l’intérieur avec mon chéri et dès que la péniche a bougé, ils sont tous sortis en courant. C’était assez drôle !

Voilà, après on a passé notre temps avec des couvertures chauffantes dans le camion de premiers soins pendant que la police, les renforts pompiers venaient. c’était l’attraction du coin. Ils attendaient un bateau de la police fluviale qui arrivait de Conflans. On voulait nous faire passer la nuit dans un hôpital. Finalement, nous avons réussi à réveiller mes beaux parents… Ah oui, parce que je n’avais plus de batterie, que le téléphone de belle-maman était éteint, que je n’avais pas le numéro du fixe, nous avons dû joindre la copine de mon beau-frère pour qu’elle les appelle et qu’elle nous rappelle !

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