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entorseAmis poissards,

Si vous avez le temps de lire ce billet, entre deux catastrophes, sachez que vous n’êtes pas seuls! j’ai commencé à me poser des questions sur la guigne qui m’accompagne à l’adolescence. Déjà quand j’essayais de tricher à un devoir, de mentir, de faire le mur, je me faisais régulièrement griller. Un jour même, un membre de ma famille amusé, m’a dit « mais pourquoi tu t’obstines à filouter, ça te retombe toujours dessus! », et c’était pas faux. Pourtant mes copines, elles, avaient un crédit illimité! Elles sortaient en douce, trichaient aux devoirs aux yeux de tous, devant les profs, les élèves, c’était grossier jamais en finesse comme moi, puisque j’avais développé un art, mais pour elles ça passait ; pour les autres ça passait toujours.

Puis à 18 ans, j’ai foiré mon bac d’un dixième de point évidemment sinon c’est pas drôle. Bon, de toutes façons l’école c’était nul, je voulais voyager. Je travaille et j’économise tout ce que je peux jusqu’à 19 ans. Le pactole en main, je m’apprête à décoller pour New-York évidemment, l’Amérique c’est bien pour assouvir ses rêves d’ado et croire qu’une autre vie faite de « l’american dream » est possible. Problème : je n’ai pas la nationalité française ! Wouahhh et alors ? Y a que les français qui ont le droit de voyager ?! Non, mais ta nationalité, elle, elle a pas le droit. Stupeur. Quand je vois la liste de papiers, de justificatifs, d’argent dont il faut disposer, j’abandonne. Rêve numéro 1 : poubelle.

je mène une vie simple et tranquille jusqu’à 26 ans, faite de voyages, en EUROPE, de petits boulots nuls mais rigolos, je file un amour sympa pendant des années, RAS.

C’est à 26 ans que la machine s’est emballée. Je décide contre vents et marrées de tenter le Canada. Après des semaines de travail de récupération de documents, de photocopies, de supplications et de preuves que je viens en paix, le visa tombe. Il n’aurait presque pas dû car, de là, viennent les malheurs en cascade.

Une fois au canada, je me fais voler mes papiers, ça me coutera 300 dollars de les refaire en entier, la date d’expulsion du territoire approche, les autorités ne veulent pas prendre de risques, ils me dégagent avec mes papiers et mes 400 balles en poche ; au revoir, vous allez où vous voulez mais pas ici. Pas assez d’argent pour rentrer en France, je décide de me rendre dans un pays où on m’acceptera avec mon passeport « terroriste », c’est vite vu, y en a pas mille, ce sera Cuba !

Je me dis, je reste au chaud le temps qu’on m’envoie les fonds nécessaires à mon rapatriement et je redécolle. J’arrive donc à Cuba, ma carte de retrait canadienne ne marche pas à cause de l’embargo… Quoi ? J’ai pas un rond là ! C’est ça. Ca parait surréaliste, on dirait une fiction, mais je jure que c’est exactement comme ça que tout s’est passé !

Je ne rentre pas dans les détails pour la suite, paniquée, j’ai heureusement trouvé un français sur place en épluchant internet qui m’a demandé de le rejoindre, j’ai traversé l’ile d’est en ouest dans un camion à bétail qui a mis deux jours à arriver, nous nous sommes entendus pour passer quelques semaines sur place et je lui rendrai tout arrivée en France. Ce qui s’est passé. Fin de l’aventure.

Et non ! Retour en France, après avoir remboursé jusqu’au dernier centime mon co-équipier, je suis à la rue. Je cours trouver un travail, j’ai de la chance, ils me prennent vite, c’est du service, c’est bien payé, je me vois repartir sur les routes du monde très vite !

2 semaines plus tard, rencard avec la poisse, je rentre chez moi épuisée, je glisse sur rien du tout, un trottoir lisse et plat, fracture du tibia. Opérée en urgence, j’arrive pas y croire.
broche, opération, attelle, tout le tralala.

1 an plus tard je vais pour l’enlever cette foutue broche ! Tout va bien, je remarche correctement, je décide de repartir travailler. Je pars donc en saison, j’emmène les enfants à leur cours de ski, croyez le ou pas, re-fracture et celle là bien servie ! Tibia péroné à gauche, donc même maudite jambe, ligaments croisés à droite. Je pleure de découragement. La vie m’en veut.

Toutes ces expériences entrecoupées de maladies rares, chiantes et défigurantes (chalazions, molluscus contagiosum, des noms carrément latins pour des maladies qui n’existent plus ou presque). Là, j’écris de mon lit, j’attends de me faire opérer pour la …je ne compte même plus. J’ai acheté une bagnole qui m’a lâché y a deux jours : au début, c’était juste l’alternateur, maintenant c’est le moteur qui est foutu. Et j’ai cette bagnole depuis 2 mois.

J’ai appris que j’étais enceinte mais j’ai un décollement du placenta : grossesse à risque donc, évidemment. Grossesse classique, trop facile !

Je ne peux pas tout dire, la liste est non exhaustive, je pourrais en raconter des jours et des nuits mais pour vous faire une idée c’est pas trop mal.

A tous ceux qui se croient perdus, foutus dans une poisse gluante, à ceux qui ont le sentiment qu’elle ne s’occupe que d’eux et jamais des voisins, vous AVEZ RAISON premièrement mais surtout vous n’êtes pas seuls !

Un récit de Tralala

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